De l’augmentation du trafic en magasin à la fidélisation, les marques commencent à intégrer le cellulaire dans leurs stratégies. Clotilde Briard, du quotidien économique français Les Echos nous en dit plus ce jeudi. Extraits de son article.
L’air de rien, le marketing sur mobile se fait une place dans le quotidien des marques. Longtemps considérées comme expérimentales, les actions menées sur les portables sont en train d’intégrer les stratégies globales. Il ne s’agit plus seulement pour une griffe d’afficher sa modernité, mais d’en faire un outil de gestion de la relation client.
Les pistes explorées se font de plus en plus variées. L’une des utilisations les plus prisées vise à accélérer le trafic en magasin.
Les marques commencent aussi à vouloir faciliter la vie des consommateurs sur des terrains qui ne sont pas toujours liés à leur activité. L’univers professionnel est aussi de la partie.
Les stratégies de fidélisation se développent également. L’enseigne de prêt-à-porter Gédénim, qui vise les 15-25 ans, a lancé une carte de fidélité interactive sans contact passant par des bornes interactives. C’est le numéro de portable ou l’adresse mail qui active l’adhésion du client. La relation s’effectue ensuite par SMS ou courriel. [...]
Tous les secteurs concernés
Même si tous les secteurs se sentent désormais concernés, de la banque à l’automobile, les griffes visant un public jeune restent souvent les plus promptes à utiliser tous les ressorts du mobile.
Le bouillonnement du secteur est à la hauteur de l’intérêt suscité. Les acteurs de la communication et du marketing prennent position. Publicis Groupe a racheté en septembre le spécialiste de la communication mobile Phonevalley. De leur côté, Havas Digital et l’agence mobile et interactive SBW ont noué un partenariat commercial.
D’autres intervenants ont aussi choisi d’occuper le terrain. Le numéro un mondial des portables, Nokia, a acheté à la rentrée Enpocket, spécialiste de la publicité et du marketing mobile, et Microsoft s’est offert en mai la société spécialisée Screentonic. Pour réaliser leurs campagnes sur mobile, les directeurs marketing restent encore assez partagés sur leurs interlocuteurs. Selon une étude Limelight Consulting de 2007, 43 % penchent pour une agence de marketing services, 27 % pour un spécialiste de l’interactif, 12 % pour leur agence de publicité.
Numériser les médias
La liste des usages va s’allonger. « Le mobile permet non seulement de personnaliser à l’extrême les actions mais aussi de rendre numériques des médias qui ne le sont pas, comme l’affichage ou la presse », note Stéphanie Marie, directrice générale adjointe de Havas Digital. Comme pour Internet, les marques se montrent très attentives au retour sur investissement. « Dans les demandes des annonceurs, la notion de rapport coût-efficacité a pris de l’importance. Les performances des campagnes les incitent à dépasser les phases de test et à les reconduire », relève Dimitri Dautel, responsable de la division Marketing Mobile de Havas Digital.
Les stratégies à imaginer commencent à dépasser le cadre local. « Un certain nombre de marques veulent désormais penser et agir de façon globale et internationale sur le mobile comme elles le font pour le reste de leurs opérations marketing », constate Alexandre Mars, PDG de Phonevalley et « Head of Mobile » pour Publicis Groupe Media. Mais il va aussi falloir intégrer les règles de ce nouveau média. « Plus qu’ailleurs, la relation créée sur mobile doit être en permanence entretenue par un renouvellement du discours et un enrichissement du contenu », estime Alexandre-Réza Radji, président de The CRM Mobile Corp. Les précautions à prendre pour entretenir la relation sont supérieures à celle d’Internet et de son inévitable spam. L’appareil étant on ne peut plus personnel, voire émotionnel, toute intrusion est rejetée par le public avec d’autant plus de virulence.
De nombreux annonceurs tâtonnent encore. « 2008 sera encore une année de «test and learn» pour les marques. Mais différents facteurs comme l’arrivée de forfaits Internet mobile illimités ainsi que le lancement de nouveaux terminaux comme l’iPhone vont contribuer au développement du marketing et de la publicité sur mobile », juge Paul Amsellem, directeur général de SBW. Le développement de dispositifs pérennes a des chances de s’ajouter aux actions événementielles.